mardi 28 avril 2015

EA @ L'Arsenal, MTL



Le 22 avril dernier, nous nous sommes produit dans une salle renommée pour son audace en art contemporain, l'Arsenal à Montréal, lors d'une soirée corporative Organisée par l'agence Oxygène, incluant des prestations divers, d'art du cirque (Cirque Éloïze) et de musique.

6 écrans géants nous entouraient dans cette immense bâtisse industrielle.
La VJ "La fille de la vidéo" à fait un travail artistique visuel remarquable sur ces écrans, en parfaite symbiose avec notre performance.

Elle combinait les images captées en direct de la mini caméra placée sur le torse du peintre et une banque d'images de EA, ainsi qu'une foule d'effets visuels de toutes sortes. Une sonorisation impeccable, un 'light show" bien dosé, des techniciens hyper compétents, bref des conditions parfaites pour donner le meilleur de nous-même.

http://arsenalmontreal.com/fr

photos : Pierre Cloutier


















EA@Arsenal - 36" x 60" - 2015 - acrylique sur toile. vendue (Chine)



mercredi 1 avril 2015

EA @ Festival AIM


Après Montréal en Lumière, La nuit Blanche, le festival Elektra-Mutek (EM15) et l’Arsenal, le projet Électro-Acrylique se dirige vers le Festival de Musique Électronique AIM.
3 jours / 3 scènes / 50 artistes,

C'est un tout nouveau festival de musique techno, une immense performance non-stop durant 3 jours sur un site exceptionnel, au Parc Carillon à St-André d’Argenteuil. Rien qu'à voir les photos du site, on comprend que ce festival vise à être complètement différent de ce qui s'est fait jusqu'à maintenant. Et pour ajouter à l’ampleur et à la crédibilité, les organisateurs ont visé haut en misant sur une programmation de haut niveau : Four Tet, Tiga, The Martinez Brothers et Jamie xx, du groupe The xx.

Et nous avons la chance d'y participer!!


25 juin 2015
Parc Carillon à St-André d’Argenteuil


mercredi 25 mars 2015

Festival AIM

Un tout nouveau festival de musique électro prêt de Montréal!


Pour plus d'information :
aimexperience.com
www.facebook.com/pages/Montreal-AIM-Electronic-Music-Festival

AIM (Art - Innovation Mouvement) est un festival de musique électronique qui aura lieu les 26, 27, 28 juin 2015 au Parc Carillon à St-André d’Argenteuil. AIM est aussi une organisation artistique dédiée à devenir une plateforme unique exposant les adeptes de musique électronique et d'arts numériques à travers le monde. Orientée sur des performances Dj et Live, un environnement interactif et une ambiance sonore immersive, AIM propose un décor ultime et intime de l'expérience en festival. Notre mandat est de présenter une programmation de qualité mettant en vedette un éventail d'artistes reconnus mondialement juxtaposés à plusieurs artistes émergents afin de créer de la convergence artistique. AIM est le seul festival au Canada offrant de la musique en continu durant plus de 32 heures avec camping sur le site. Afin de rejoindre notre clientèle cible, notre approche se fera par le biais d’un marketing de proximité, notamment à travers diverses stratégies dites « direct-to-fan » qui consistent à cibler nos clients personnellement et ainsi créer une communauté solide et fidèle. AIM se veut un festival sans frioritures. Nos installations seront conçues ergonomiquement pour intégrer la communauté d'adeptes au concept. Des activités et ''workshops” reliés aux arts numériques auront lieu durant le jour et seront offerts à tous. Par nos efforts, nous supporterons financièrement des causes qui nous tiennent à coeur comme ''Jeunes Musiciens Du Monde'', ''La Fondation Rivière'' et ''l'Association Canadienne Du Sida'' Avec votre aide, nous espérons faire une différence dans le monde aussi bien que dans l'industrie de l’événementiel.

- source AIM 

samedi 13 décembre 2014

Le monde est truelle

PEA-Jam 17, 2014  36" x 60"
Le projet électro-acrylique est en constante évolution. Il y a tellement de possibilités à découvrir. À la dernière pratique, Fred (Dj Pfreud), a testé des nouveaux filtres et sons, permettant aux sons issus de la toile de se transformer encore plus au niveau des harmoniques, ce qui a engendré un rapport différent du jeu sur la toile. Au point même où d'autres outils pour peindre se sont imposés, tel la truelle. Et une truelle sur la surface de la toile, ça sonne!

Le métal sur le lin augmente considérablement l'effet de frottement et la captation de cet effet, passé dans les nouveaux filtres, permet de générer littéralement des mélodies.
La composition même de l'image en a été affectée.

Bien sûr, à chaque début de nouvelle voie d'expérimentation, le travail est concentré, contrôlé et structuré, dans le but de bien l'étudier et de le maîtriser. C'est exactement ce qui s'est passé ici. Cette toile expérimente uniquement l'utilisation de la truelle. Mais cette avenue suggère de facto aussi une multitude de possibilités. Mixée aux autres techniques déjà mises en place, elle devrait apporter une dimension sonore et visuelle enrichie. C'est un peu comme une batterie à laquelle on ajoute une nouvelle cymbale à la sonorité particulière.

Bref, des heures de plaisir.

mercredi 26 novembre 2014

Quand l'électronique rencontre la peinture - 24h


24 HEURES - Le mercredi 26 novembre 2014 
Marie-Hélène Chartrand

http://virtuel.24hmontreal.canoe.ca/doc/24hrsmontreal/24heuresmontreal11262014-opt/2014112501/#22

Qui aurait cru qu'un jour, la création d'une peinture soit le point de départ d'une trame sonore de musique électronique. C'est précisément ce que le projet électro-acrylique propose.

«L'objectif de ce projet c'est de faire rencontrer le low-tech, la peinture, avec le high-tech, la technologie, et de voir comment un peut influencer l'autre», explique l'artiste-peintre Alec Stephani.
Sur le site Internet du projet, on peut lire : «Le coup de pinceau a un son. Le son a une forme. La forme a une image», quelques mots résumant bien le concept derrière cette production artistique inusitée.
Des micros sont collés à l'arrière de la toile afin de capter le bruit des pinceaux puis les sons sont envoyés vers une console et retravaillés en direct par le DJ Pfreud, de son vrai nom Frédéric Laurier.
«On cherchait a atteindre un effet de feedback, à s'influencer mutuellement dans nos créations respectives», explique Alec.
Après une performance électro-acrylique, le public peut non seulement se procurer une toile, mais également la musique composée lors de la création de l'œuvre.

Genèse
Alec Stephani a eu l'idée de ce projet en 2008, lors d'un évènement à la Tohu où il réalisait une toile en direct accompagné de musiciens. Ces derniers n'avaient pas de partition et étaient libres d'improviser.
«Le but était de créer une oeuvre picturale et une œuvre musicale qui s'influencent l'une l'autre, mais à l'époque il n'y avait rien de branché», se rappelle le peintre.
«Comme j'ai tendance à peindre assez sec, les pinceaux frottent et ça fait du bruit, le batteur à eu le réflexe de me suivre, d'imiter ma rythmique», ajoute-t-il.
Ainsi, un dialogue s'est amorcé entre les deux artistes. Par la suite, Alec Stephani a voulu pousser l'expérience plus loin en utilisant des micros pour capter le bruit de ses pinceaux.
«J'ai mis longtemps à trouver quelqu'un qui voulait embarquer dans le projet. Je suis allé voir des réalisateurs de studio, des ingénieurs de son et ils m'ont tous répondus que c'était quasiment impossible comme je leur demandais de faire un travail de studio en direct», fait-il remarquer.

Ce dernier s'est finalement trouvé un partenaire en DJ Pfreud qui aurait répondu à sa proposition : «Ça semble impossible à réaliser, et c'est pour ça que ça me tente! »
Le duo a par la suite mis environ un an pour trouver sa vitesse de croisière.

mercredi 29 octobre 2014

lundi 15 septembre 2014

L'antithèse du Wireless


Photo : Gen
C'est certainement le côté "low tech" de Dj Pfreud. Purement analogique, une nouvelle multi-console, montée spécifiquement pour le Projet.

Lorsque Fred (Dj Pfreud) est arrivé à l'atelier avec deux coffrets noirs et énigmatiques, on ne pouvait se douter de ce qu'il avait en tête.

Ouvrant ses deux coffrets, on a pu y découvrir une multitude de potentiomètres activant soit des filtres, soit des enveloppes et autres modules d'effets.

C'est probablement par l'envie et le besoin de "toucher" le signal, de le suivre, de le canaliser, de le manipuler, pas juste par des boutons numériques, mais réellement par des connexions, des relais, des fils, que Fred a voulu créer, pour le projet, un outil complètement adapté et unique.

Dès lors, le moindre son issu de la toile est littéralement manipulé physiquement par l'ingéniosité et la connaissance profonde du son qu'a Fred.

jeudi 24 juillet 2014

DEVISE Magazine - BERLIN

DEVISE Magazine
http://devisemagazine.com/on-the-record-projet-electro-acrylique

On The Record: Projet Électro-Acrylique


photo : Jocelyn Guilloton
Projet Électro-Acrylique is an art and music project conceived by two artists living in Montreal – Frédéric Laurier and Alec Stephani. The two performed a few months ago at the 15th anniversary of Mutek and Elektra for EM15, two festivals organized for the promotion and combination of electronic music, digital arts, and technological innovation in Montreal. During a live performance by Projet Électro-

Acrylique, Alec paints and uses
charcoal to draw abstract art on a custom made canvas that has multiple contact microphones sitting behind it allowing any friction, movement, or stroke to be recorded at the smallest dynamic level. As each stroke of crayon or brush is recorded, Frédéric, a sound designer, transforms the vibrations of Alec’s brush and crayon strokes into dark, weird, and beautiful techno-based sounds. I had the opportunity to discuss the project through a Q&A session with them.

How do you guys create songs? Can you talk through the process a little bit? I’m kind of mind blown by the process and still trying to wrap my head around it.

Alec : We start from scratch. No sound and nothing on the canvas. At first, I start to paint. The sound of the brushes on the canvas goes through the contact microphones behind the canvas and is immediately diffused live. Frederic (sound designer) filters and transforms the sound to create textures. Then he records some of the sounds to sequence them back or sample them and play them back. Eventually, a soundscape and a rhythm is created. With my brushes on the canvas, I paint in a rhythmic way so I make and add some groove elements. For example, I can hit the canvas with a brush and Frederic captures it and tweaks it to make a kick drums sound.

photo : Éric Simoneau

The way I paint influences the way Frederic creates the music and the soundscape that he creates influences the way I paint. [Because of this connection] We make a live creative feedback on each other. Movement comes to life. The canvas becomes an instrument.

Were there any major hurdles when you transformed your project from a concept to an actual performance?

Alec : No, because the concept originates from a living painting performance I did in 2008. This is precisely where and when I got the idea. I was painting with energy. This created noise. The drummer who accompanied me took his brushes and begun to follow me recreating the sounds and movements I was doing. I noticed. We then began to play together. At the end of the performance, I thought it was necessary to go further. I needed to add microphones and sensors behind the canvas to accentuate sounds and movements.

In fact, the basic concept is an observation of the relationship between the “low tech” and “hight tech” as sources of contemporary influences. We are confronted daily with this relationship without realizing it. Technology surrounds us and invades us. When we returning to the base, we perceive that the “low tech” is a way to refocus. I then asked how the “low tech” could influencing the “high tech” and vice versa. Fred and his devices is the “high tech”. He magnifies sound and movement that I created. Canvas, brushes and color pigments represent the “low tech”. How, then, “low tech” influences “high tech”? How “high tech” stimulates “low tech”? This is also applicable to the design, the music, the contemporary art, and other creative forms.

Fred : I always produced my own music in the studio and my only public performances were as a DJ. I had very little experience of live music project before. So when Alec explained the project to me, I thought he had a great idea and I really wanted to find a solution and help him make it happen. There are many possible ways to sample and playback live. But the question is “How to record and playback immediately the sounds of the brushes ?” But further…. We wanted to be musical and not only percussive. We wanted to create melodies too. But we wanted to do it without the help of pre-recorded sequences coming from external gear like synthesizers. I had to find a way to transform the sound of the brushes into melodies on the fly. A lot of research led me to find some ways I could filter the sound of the brushes to turn them into different frequencies and resonances so I could be able to play them back live.

photo : Pierre Cloutier


What equipment and hardware do you use for a live performance?

Fred : Alec uses a special easel he designed and built. It holds contact microphones behind the canvas, a sound mixer and an electronic drum module. The wires from his sound module sends me the audio signal of the contact microphones. I use a sound interface, a computer with a sequencer. I use all sorts of audio plugins and gizmos to filter, loop, sequence and playback. I use some MIDI controllers for ultimate control.

How did you design the canvas for the project? Did you work on it by yourself, with help from Frederic, or have to bring in outside specialists to get it acoustically set up?

Alec : I designed it myself. It was a “Work in progress”. I had to improve some technical aspects before obtaining the most effective “canvas-instrument” for this project. I started by simply putting sensor stuck behind the canvas. The result was already good, but it was not enough. Today, it has become a real board, a real instrument.

I know that you are a multi-disciplinary artist. What other projects are you currently working on?

Alec : Yes, I have other projects. I was bicycle designer for many years. Currently, I design carbon wheelchairs for active people. I still paint different stuff. I’m particularly interested these days with super heroes. Especially Batman. The dark side of the character and its image is a source of inspiration. It is the iconographic images of American comic books of the 50s that inspires me the most. I also continue to write books. After writing several novels, I wrote a children’s book.

How did you and Frederic go about practicing for the EM15 gig? Did you treat it like any other performance?

Fred : We jammed and we recorded in the atelier. Since I record multiple tracks in the sequencer, when I go back in my studio, I can play with those raw sounds and do some research to find different possibilities to tweak those sounds (the brushes on the canvas). How to make interesting melodies with those raw sounds ? This was one of my main concerns. There are so many nice audio developers out there and so many possibilities, but I have to find which of them works the best with that kind of raw audio material. This is really where the Low-Tech meets the Hi-Tech!

How would you describe your experience of performing at EM15?

First, we did not expect to participate in Mutek festival for at least another year. But our previous participation in the show “La Nuit Blanche (“White Night” in French)”, organized by Mutek, gave us the opportunity to present our project out in public. To be part of the Elektra festival “Mutek EM15″ was an honour for us. This confirmed that our project has a great potential. To test this concept in a prestigious environment (Montreal Contemporary Art Museum), adding video projection, has been an extraordinary experience. It was truly great!

Written by Patrick O’Keefe

lundi 14 juillet 2014

Retour en images sur EM15, part2

Performance au EM15, Festival Elektra-Mutek 2014, Musée d'Art Contemporain de Montréal.

photo : Gecolyn Guilloton

 
 
 
 
 
 
 
 

lundi 7 juillet 2014

PEA - Magazine CONVERGENCE






PEA : correspondance entre peinture et musique électronique

par Yves Tremblay
no 91 — juillet 2014

Comme le suggère son qualificatif, le PEA (projet électro-acrylique)  propose une forme de musique électro-acoustique, qui prend sa source sonore des gestes de peindre, de façon improvisée. Tel un musicien de la toile, l’artiste multidisciplinaire Alec a développé avec le DJ Pfreud, également concepteur et réalisateur sonore pour la télé et la publicité, l’ambitieux projet de produire de la musique à partir de sons sur une toile.

A près avoir présenté son singulier projet multimédia à la Nuit blanche à Montréal le 1er mars dernier notamment, le duo amène maintenant le fruit de ses expérimentations à EM15 (15e édition conjointe de Mutek et d’Elektra), au Musée d’art contemporain, avec une version qui comprend maintenant les projections vidéos de Valérie Leduc, via les captations d’une caméra installée sur le peintre-musicien improvisateur.

En 2008, Alec (Stephani), après 20 années de peinture, dont plusieurs événements de peinture en direct, monte sa rétrospective solo à la Tohu. Le soir du vernissage, il organise en corollaire une séance improvisée avec un groupe de jazz, où il entrevoit déjà le potentiel musical de l’interaction, particulièrement entre le batteur et le peintre, qui se répondent «rythmiquement». Enthousiasmé par l’expérience, il croit qu’en dotant la toile de microphones, les possibilités pourraient être fort prometteuses. Dès lors, l’idée trotte dans la tête du peintre Alec, avec la ferme intuition que joindre un autre artiste au projet «pourrait ajouter une autre conscience, un état d’esprit supplémentaire, afin d’enrichir la recherche et provoquer un échange de parcours et de techniques. Je ne m’imaginais pas jouer à l’homme orchestre, et tout faire», confie-t-il.

Depuis ses études aux Arts décoratifs de Genève, Alec oeuvre en tant que graphiste publiciste (sites Web, logos sport, pochettes de disque…), ainsi qu’artiste-peintre. Il s’exerce également en parallèle à divers projets de design industriel. Depuis son arrivée à Montréal en 1989, le concepteur et «idéateur» s’intéresse de façon soutenue à la mécanique et aux machines; il réalise notamment divers designs de vélo (Opus Urbanista) et des fauteuils roulants, spécialement conçus pour «gens actifs». En même temps, il est claviériste au sein de quelques formations musicales, et aussi photographe. Véritablement multidisciplinaire, Alec écrit enfin sur divers blogues et compte pas moins de six romans à son actif.

De son côté, Frédéric Laurier, aussi connu sous le de DJ Pfreud, a évolué dans divers clubs (Sona, Red Light, High Bar notamment) depuis une vingtaine d’années, et travaille également en tant que disquaire spécialisé en musique électronique. Il y a une dizaine d’années, il va parfaire ses connaissances en enregistrement et en manipulation sonore à l’institut Trebas, pour enfin aboutir en postproduction musicale pour la télé, la publicité et le cinéma. On peut toujours l’entendre mixer les 5 à 7 de chaque vendredi au Laïka, boulevard Saint-Laurent à Montréal. À l’été 2013, il lance un maxi intitulé «Magnetism», qui comprend trois titres électroniques envoûtants, sur l’étiquette britannique Gung-Ho! Présentés l’un à l’autre par un ami commun, Patrick Lalonde, mixeur au cinéma, les deux artistes débutent un parcours de recherche aventureux mais encourageant, de manière tout à fait autonome, sans subvention. Le premier défi à relever s’avère la création d’un chevalet qui va maximiser les possibilités sonores de la toile.

L’artiste-peintre travaillait depuis longtemps avec son même chevalet de prédilection, mais ce dernier ne répondait pas à ses nouvelles exigences.
Alec précise: «Il fallait vraiment que toute la pulsation ne soit pas retransmise dans le cadre, dans le chevalet au grand complet, donc j’ai tenté d’isoler la toile, puisque je ne désirais que les sons de la toile. Il a donc fallu concevoir un truc qui résiste bien aux touches, aux coups percussifs, et qui reste également tendu, sans causer des rebonds avec les pinceaux. La toile a tendance à s’humidifier au bout d’un moment, puis elle se détend, comme une peau de tambours, et tu n’obtiens plus les mêmes sons. En plus, les zones de captations diminuent avec l’accumulation de peinture. Alors j’ai essayé plein de choses, jusqu’en arriver à ça : apposer la toile sur un contre-plaqué 01, un matériau utilisé normalement pour la finition de meubles. De cette manière, toute la surface est égale, et j’obtiens autant de son, uniformément sur l’ensemble de la surface, pendant toute la performance. Il s’agit d’un travail low-tech, trouver le bon bois, la bonne résonance, le bon rebond, le pinceau adéquat, le plus drumstick possible, un travail de luthier en fin de compte. À la fin de la performance, on fait juste dégrafer, puis on installe une nouvelle toile.»

Afin de résoudre le problème de dissipation du son, Alec a en outre cerné de caoutchouc les châssis du chevalet, en bas et en haut de la toile, ainsi isolée et solidement fixée. Finalement, l’installation se devait d’être facilement démontable et mobile, en plus de comprendre une console de mixage, accessible et protégée des éclaboussures d’acrylique, rassemblant les sources des capteurs.

Tout au long de ce processus de création, Alec a tenu un blogue, où on peut suivre en détail le développement du projet. L’artiste dit avoir remarqué avec son expérience de peinture en direct, ainsi qu’avec certains designs de vélo que les gens appréciaient comprendre sa démarche, et en connaître les motivations.

Plus high-tech, le travail de Frédéric Laurier aura passablement évolué depuis les premiers jams du tandem électro-acoustique. Alec raconte à cet égard qu’à chaque semaine, Pfreud arrivait avec de nouveaux plugins, de nouvelles solutions, en plus de procéder à divers tests avec les capteurs de son placés derrière la toile. Peu à peu, le work-in-progress s’est précisé.

Pfreud décrit ainsi les étapes franchies: «Quand on a commencé, j’enregistrais pas mal tous les coups de pinceaux d’Alec, puis on créait un groove. Avant de venir ici en atelier, je préparais des séquences, seul aux synthés chez moi, sur lesquelles on ajoutait les sons live. Puis, à la suite d’un voyage relativement inspirant en Europe, où j’ai discuté à gauche et à droite de mon projet à différents amis, on m’a pas mal confirmé ce que je pensais, à savoir que ça serait trop difficile de fonctionner de la sorte. On m’a alors suggéré de travailler juste avec les sons de brosse, d’oublier toute la préparation de séquences. J’ai hésité au départ, en me disant: comment veux-tu créer une pièce, exclusivement avec le son des brosses? Ça va être trop percussif! juste percussif… Mais de retour ici à l’atelier, on a essayé de le faire, et j’ai essayé diverses techniques, afin de trouver des résonances, d’enrichir les sons de différentes manières, pour enfin tout faire avec la toile et ce, de manière cohérente. Ç’a finalement été concluant; on part d’une ligne de basse, qui vient encore d’un synthé, mais pratiquement tout vient des pinceaux, ou au début du crayon de fusain, même si quelque fois, c’est difficile à croire!»

De façon à ne pas être pris au dépourvu, le réalisateur sonore confie garder en banque certaines boucles et enregistrements d’improvisations ou de spectacles antérieurs, des parties particulièrement réussies, qu’il peut ramener en playback, au cas où un micro décroche, qu’un programme fige… Au fil du temps, les compères ont bâti une aisance en improvisation, où ni l’un ni l’autre part avec une idée trop arrêtée du but à atteindre pendant une performance. On pourrait parler d’une certaine liberté. Certes, ils partent tout de même de leurs repères respectifs, en même temps qu’ils se sont bâti une sorte de «solfège commun», comme le dit Alec, des codes, qui les aident à ne pas se perdre en cours de route, créant une composition par couches successives, et sonores et visuelles. Les artistes soulignent d’ailleurs que la musique et les couleurs sont à la base des fréquences. L’expérience leur a démontré que lorsque des couleurs claires sont utilisées par Alec sur la toile, la réponse sonore tend à suivre du côté des aigus, alors qu’avec le noir et le foncé viennent naturellement les basses.

La version du PEA présentée à EM15 intègre quant à elle une nouvelle dimension visuelle, avec la présence d’une VJ, Valérie Leduc, avec qui Frédéric Laurier a déjà collaboré. À partir d’une caméra GoPro fixée sur le torse du peintre percussionniste, elle va composer un enrobement visuel diffusé en direct sur un écran géant, mais également sur les artistes en action, ainsi que sur la toile elle-même, de sorte qu’une toute nouvelle interaction créative naîtra de ces projections superposées, telle une dimension supplémentaire d’influences multimédia, une couche inédite, selon le même principe qu’animait au départ les deux premiers artistes, s’influençant l’un l’autre, dans ce cas transféré et adapté à la vidéo. Ouvert à divers types d’événements, le projet polymorphe concrétise de façon évidente sa versatilité, toujours reliée par le même groove électronique.

Les tableaux issus la performance sont vendus sur place après le spectacle (entre 800 et 1000$) et on remet en outre à l’acheteur un montage sonore (edit) des meilleurs moments de l’événement.